Résumé
Des nouvelles sur l’absurdité la trivialité de nos vies, sur l’évolution des relations amoureuses ou familiales.

Mon avis
Le titre convient parfaitement à ce recueil dont on ne comprend pas bien où il veut nous mener. Chaque nouvelle ressemble d’avantage à des exercices de style qu’à de véritables textes achevés. J’ai eu beaucoup de mal à accrocher avec les personnages et j’attendais, presque toujours en vain, une chute. Suis-je une lectrice trop traditionnelle ? Peut-être. Mais que voulez-vous, quand je lis une nouvelle, je veux qu’on me raconte une histoire.

De plus les textes s’étendent bien de trop, comme si l’auteur tentait de meubler ce vide. Tout un baratinage, très bien écrit certes, mais qui tourne en rond sur lui-même.

Seule la nouvelle intitulée Charades qui raconte un repas de noël familiale m’a plue. J’ai adoré la façon dont elle décortiquait les relations, et surtout leur évolution, entre frère et soeurs à l’âge adulte. C’est d’ailleurs un extrait de cette nouvelle que je retranscrit ici. Il n’est pas représentatif de ce que je peux reprocher à ce recueil mais je préfère vous donner à lire ce que j’ai aimé...

Extrait
Il est juste que Noël dégénère et se réduise à son squelette. Aux yeux de Thérèse, sa famille s’est mise à ressembler à une troupe de comédiens : chacun arrive, exécute son numéro devant les autres et saute de bonne heure dans un avion pour Logan ou O’Hare. Il est probablement normal qu’un jeu de société fasse, littéralement, son apparition et s’introduise de lui-même sous le masque d’une tradition familiale (ce qu’il n’est pas). De toute façon, en règle générale, aucun membre de la famille n'exprime de sentiments authentiques ; au contraire, tous aspirent - avec un certain courage - à la représentation. (p. 121)

Thématique :
Des nouvelles...

Déroutes, Lorrie Moore, trad. de l’anglais par Annick Le Goyat, éd. de l’Olivier, 2010, 384 pages.